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Claude Viallat

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    © Courtesy galerie Daniel Templon

Lorsqu’en 1967, le groupe BMTP (Buren, Mosset, Toroni, Parmentier) répond à la crise de la peinture par une attitude nihiliste, Claude Viallat et d’autres, groupés sous la bannière Support-Surface, choisissent d’en expérimenter les possibles, dans une démarche analytique de ses composantes : planéité du support, relations de la forme au fond, effets du pigment sur la toile et d’autre tissus.
L’actuelle exposition des œuvres de Viallat galerie Daniel Templon peut être perçue comme un approfondissement de ces questions sur la peinture. Portes et fenêtres en est le titre, annonçant les structures autour desquelles il organise ses compositions.

Toiles de tente, auvents de magasins sont les tissus employés et montés ensemble par de grosses coutures marquant les verticales et les horizontales. Seules formes porteuses de mouvement, ces fameux rectangles mi- angulaires, mi- arrondis, signature de l’artiste, qui traversent le tableau en diagonale et invitent l’œil à en balayer l’espace. La trajectoire n’est plus incursion du premier plan vers le fond - portes et fenêtres sont fermées - mais celle, légère, qui parcourt le tableau dans sa planéité, en surface.

Viallat manipule librement les différentes composantes du tableau et les fait se rencontrer de diverses façons : le tissu boit la couleur ou disparaît derrière elle, les formes passent par dessus le cadre du tableau ou glissent en dessous.
Le potentiel de la peinture est ainsi exploré par une analyse patiente de ses composantes matérielles, ouvrant sur une poésie visuelle où la thématique du passage est très présente. Le titre Portes et fenêtres ne fait-il pas d’ailleurs référence à des questions essentielles de la peinture, de ce qu’elle doit nous montrer, par exemple ?
La peinture, fenêtre tournée vers le monde ou vers cette intériorité subjective dont parlait Kandinsky ?

Celles de Viallat se situent en zone frontière. Les formes abstraites dont il anime ses toiles donnent l’impression de passer sur la surface, à la manière d’ombres ou de traces de pas, ou de flotter dans l’espace du tableau. On y voyage, pensant parfois à ces autres tableaux-seuils que sont les Intérieurs de Matisse.

Claude Viallat
Portes et Fenêtres
Galerie Daniel Templon, Paris


Pour paris-art.com, 2004