previous 14 / 117 next

Robin Meier, Fossil records

  • rb
Musicien de formation, Robin Meier mène depuis plusieurs années une recherche de nature éthologique axée sur l’intelligence comme capacité d’interagir avec l’environnement. Il crée notamment des dispositifs lui permettant d’établir une communication avec le règne animal par l’adresse de signaux sonores, mais aussi de simuler ou de modifier son comportement.
Si le monde du signe et de l’artifice distingue traditionnellement l’homme de l’animal, Robin Meier revient sur ce critère d’évolution pour l’explorer et l’interroger. Par les dispositifs qu’il met en place, l’animal devient cet “autre” avec lequel il établit un échange à travers l’étude de ses comportements et de son langage.

Il n’est à ce titre pas anodin que Robin Meier ait utilisé la banque sonore du Golden Record dans le cadre de l’une de ses recherches. Ce disque embarqué par la Nasa à bord des sondes spatiales Voyager contient des sons enregistrés sur terre choisis pour leur caractère “universel”. Destiné à d’éventuelles formes de consciences extra-terrestres, il est surtout une invitation à interroger notre vision anthropocentrique du monde en élargissant le spectre de notre rapport à l’Autre, à l’inconnu.

La recherche “paléo-acoustique” qu’il réalise pour le Studio en emprunte le caractère utopique fondé sur une possibilité de rencontre défiant l’espace et le temps. Robin Meier analyse et interprète musicalement la stridulation d’un insecte d’époque préhistorique à partir des nervures de ses ailes visibles sur un fossile.

“La première possibilité pour que Voyager passe par une planète potentiellement habitée sera dans plusieurs millions d'années - un temps après lequel une bonne partie des sons contenus sur ce disque auront disparus sur terre, comme les sons de l’insecte que je reconstruis. Quelque part on se trouve donc dans la situation des extra-terrestres retrouvant Voyager ! Par ailleurs la méthode de production sonore de ces insectes, appelée stridulation, ressemble dans le principe tout à fait à ce que fait un tourne-disque dont l'aiguille est mise en vibration par les sillons du disque. J'aime ce double parallèle que je voudrais mettre en œuvre pour l'incarnation physique de ce projet.”

Commissariat d'exposition et communiqué de presse pour la galerie laurent mueller / STUDIO